
Ottawa fait évoluer sa position sur la question du Sahara occidental en considérant le plan d’autonomie proposé par Rabat comme une option « sérieuse et crédible ». Une inflexion diplomatique mesurée, qui s’inscrit dans une tendance internationale de plus en plus favorable à l’approche marocaine, tout en maintenant l’attachement au cadre des Nations unies.
Le Canada a récemment opéré un ajustement discret mais significatif de sa position sur le dossier du Sahara occidental. À l’issue d’échanges entre la ministre canadienne des Affaires étrangères, Anita Anand, et son homologue marocain Nasser Bourita, Ottawa a qualifié le plan d’autonomie proposé par le Maroc de « base sérieuse et crédible » pour parvenir à une solution au conflit.
Sans franchir le cap d’une reconnaissance formelle de la souveraineté marocaine sur ce territoire disputé, cette prise de position traduit néanmoins une évolution notable. Elle confère au projet marocain un rôle central dans les discussions diplomatiques, en le présentant comme l’option la plus réaliste pour sortir d’une impasse qui dure depuis plusieurs décennies.
En parallèle, le Canada continue de défendre une approche prudente et multilatérale. Les autorités canadiennes réaffirment leur attachement au processus conduit par les Nations unies, estimant qu’une issue durable doit reposer sur une solution mutuellement acceptable par l’ensemble des parties concernées.
Sur le terrain, les lignes restent toutefois profondément divisées. Le Front Polisario, soutenu notamment par l’Algérie, continue de plaider pour l’organisation d’un référendum d’autodétermination, conformément aux résolutions onusiennes initiales. Cette divergence de visions alimente la persistance du conflit, malgré les tentatives répétées de médiation.
L’évolution de la position canadienne s’inscrit dans une dynamique plus large observée sur la scène internationale, où plusieurs États accordent désormais un crédit croissant au plan d’autonomie marocain. Sans constituer un basculement radical, ce repositionnement contribue à renforcer le poids diplomatique de Rabat et pourrait influencer les futures négociations sous l’égide des Nations unies.