
De Gamba à Abou Dhabi, en passant par Calgary, Port-Harcourt et les États-Unis, Viannet Okouma M’Angha a construit en près de trois décennies une carrière au croisement de l’ingénierie pétrolière, du management et de la stratégie énergétique. Ancien dirigeant de VAALCO Gabon, l’ingénieur gabono-canadien dispose aujourd’hui d’une expérience qui dépasse largement les frontières du Gabon et suscite l’intérêt de plusieurs acteurs africains du secteur.
De Gamba aux grandes compagnies internationales
Né à Okondja, dans le Haut-Ogooué, Viannet Okouma M’Angha commence sa carrière dans l’industrie pétrolière à la fin des années 1990. En 1998, Shell International le recrute au Gabon comme ingénieur spécialisé dans la surveillance des puits. C’est le point de départ d’un parcours professionnel qui va rapidement prendre une dimension internationale.
Au fil des années, il exerce différentes responsabilités au Gabon, aux Pays-Bas, au Nigeria, au Canada et aux États-Unis. À Port-Harcourt, au Nigeria, il encadre notamment une équipe d’ingénieurs « subsurface » issus de plusieurs pays africains. Une expérience qui lui permet de se familiariser avec l’un des principaux pôles pétroliers du continent et de consolider son expertise dans l’évaluation et le développement des gisements.
Son parcours le conduit ensuite en Amérique du Nord. Pour TotalEnergies Canada, il participe aux études thermiques liées au permis Griffon, à Calgary. Chez Shell Canada Energy, il devient expert mondial en analyse transitoire de pression, tout en supervisant une équipe et un budget dédié à ses activités. Entre 2012 et 2013, Shell USA lui confie également des responsabilités autour du champ de Tioga, dans le Dakota du Nord, au cœur du développement pétrolier américain.
Une expertise qui dépasse l’ingénierie
Au-delà des fonctions purement techniques, le parcours de Viannet Okouma M’Angha évolue progressivement vers le management et la stratégie. Son passage par la Gabon Oil Company constitue, à cet égard, une étape importante. De retour au Gabon, il participe aux travaux ayant accompagné l’élaboration du Code des hydrocarbures de 2014. Cette expérience lui permet de se situer à l’interface entre les impératifs techniques de l’industrie pétrolière et les enjeux réglementaires et économiques de l’État.
Quelques années plus tard, son parcours le conduit au Moyen-Orient. Entre 2019 et 2023, il rejoint ADNOC, la compagnie pétrolière nationale d’Abou Dhabi, où il intervient dans le cadre de la stratégie de développement de l’entreprise. Il exerce également des fonctions d’expertise technique dans des travaux liés à l’industrie pétrolière internationale.
Cette succession d’expériences constitue l’une des particularités de son profil : ingénieur de formation, il a progressivement intégré des problématiques de développement de portefeuille, de gestion des investissements, de performance opérationnelle et de relations avec les acteurs publics.
VAALCO Gabon, le retour au premier plan
En 2023, Viannet Okouma M’Angha revient au Gabon pour prendre la direction générale de VAALCO Gabon. Il quitte cette fonction en 2026, après plusieurs années à la tête de la filiale du groupe pétrolier américain. Cette étape gabonaise intervient dans un contexte marqué par la volonté du pays d’accroître la valorisation de ses ressources pétrolières et de renforcer la participation des compétences nationales dans la gouvernance du secteur.
Son passage à la tête de VAALCO lui permet surtout de renouer avec les réalités opérationnelles du bassin pétrolier gabonais après plusieurs années passées à l’étranger. Son expérience internationale lui apporte une connaissance à la fois des problématiques des producteurs matures et de celles des marchés en développement.
Une formation construite entre Londres et l’industrie pétrolière
Cette trajectoire professionnelle repose sur une formation scientifique acquise au Royaume-Uni. En 1997, Viannet Okouma M’Angha obtient un Bachelor of Science à University College London (UCL), avant de poursuivre ses études à Imperial College London dans le domaine du génie pétrolier. Il complète ensuite son parcours universitaire par un doctorat consacré à la mécanique des fluides.
Cette spécialisation constitue le socle de son expertise dans les domaines des réservoirs, de la production et de la modélisation des écoulements souterrains. Des compétences particulièrement recherchées dans une industrie où la connaissance des réservoirs conditionne directement les décisions d’investissement et de développement des champs.
Son parcours académique est également accompagné de plusieurs distinctions et responsabilités professionnelles, notamment au sein de la Society of Petroleum Engineers. En 2023, l’État gabonais lui décerne par ailleurs la Médaille de l’Ordre national du Mérite.
Un profil qui intéresse les producteurs africains
À l’heure où plusieurs pays africains cherchent à développer de nouveaux bassins pétroliers et gaziers, les profils combinant expertise technique, expérience internationale et connaissance des environnements institutionnels sont particulièrement recherchés.
C’est dans ce contexte que le nom de Viannet Okouma M’Angha circule dans plusieurs cercles du secteur énergétique africain. Le Nigeria, l’Angola, la Guinée équatoriale, le Congo, la Namibie et la Tanzanie disposent tous de marchés pétroliers aux caractéristiques différentes, mais confrontés à des problématiques communes : renouvellement des réserves, optimisation des champs matures, développement de nouvelles ressources, mobilisation des investissements et montée en compétence des cadres locaux.
Il convient toutefois de distinguer les sollicitations et marques d’intérêt rapportées dans le secteur d’éventuels contrats effectivement conclus. Son départ de VAALCO Gabon ouvre en tout cas une nouvelle séquence dans une carrière déjà marquée par une forte mobilité géographique et professionnelle.
De la technique au leadership énergétique
Le parcours de Viannet Okouma M’Angha raconte finalement autre chose qu’une simple succession de postes dans l’industrie pétrolière. Il illustre la trajectoire d’un ingénieur africain ayant évolué progressivement de l’expertise technique vers des responsabilités de direction et de stratégie, dans plusieurs des principaux centres mondiaux des hydrocarbures.
Du Gabon au Nigeria, de l’Amérique du Nord au Moyen-Orient, son expérience couvre aussi bien l’analyse des réservoirs que la gestion de projets, le développement des actifs et les relations avec les institutions publiques.
À la croisée de ces différentes compétences, l’ingénieur gabono-canadien apparaît désormais comme l’un des profils africains disposant d’une expérience particulièrement internationale dans le secteur des hydrocarbures. Son prochain point de chute pourrait ainsi être observé de près par un continent qui cherche à mieux valoriser ses ressources tout en renforçant ses propres compétences dans l’industrie énergétique.