
Face à la hausse persistante des prix des produits de première nécessité, le gouvernement gabonais accélère la mise en œuvre de sa stratégie de régulation. À Akanda, un “méga marché” pilote a été lancé pour tester un dispositif appelé à être étendu à l’ensemble du pays.
Le gouvernement gabonais passe à l’action pour contenir la flambée des prix. Samedi dernier, la commune d’Akanda a servi de point de départ à une initiative d’envergure portée par la Centrale d’achat du Gabon. Installé sur l’esplanade du stade de l’Amitié d’Angondjé, ce “méga marché” a permis aux populations d’accéder à des produits de consommation courante à des prix nettement réduits.
Dès les premières heures de la journée, les habitants d’Akanda, de Libreville et même d’Owendo ont convergé vers le site. Produits alimentaires, denrées de base, articles ménagers ou encore volailles : une large gamme de produits était proposée à des tarifs revus à la baisse, suscitant un engouement notable. Pour de nombreux consommateurs, cette opération a représenté une opportunité rare de faire des économies substantielles sur leur panier quotidien.
Présent sur les lieux, le ministre de l’Économie et des Finances chargé de la lutte contre la vie chère, Thierry Minko, a souligné que cette initiative s’inscrit dans une volonté politique affirmée au sommet de l’État. L’objectif est clair : rendre les produits essentiels accessibles au plus grand nombre et apporter une réponse concrète aux tensions inflationnistes observées sur le marché.
Au-delà de l’événement ponctuel, les autorités envisagent une structuration durable du dispositif. Dès cette semaine, un réseau de distribution labellisé devrait être progressivement déployé dans les quartiers du Grand Libreville, avec l’ambition de garantir des prix homogènes et contrôlés. À terme, ce modèle sera étendu aux principales villes de l’intérieur du pays afin d’assurer une couverture nationale.
La Centrale d’achat du Gabon se positionne ainsi comme un outil clé de régulation. En intervenant sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement — de l’importation à la distribution, en passant par le stockage et le contrôle qualité — elle vise à réduire les coûts et à limiter les pratiques spéculatives souvent pointées du doigt.
Cette réforme intervient après des tentatives précédentes, notamment la mise en place d’une mercuriale des prix, dont les effets étaient jugés insuffisants par une partie de la population. Avec ce nouveau mécanisme, le gouvernement entend franchir un cap et apporter des résultats tangibles.
Reste désormais à savoir si cette phase pilote tiendra ses promesses sur la durée. Car au-delà de l’effet d’annonce, c’est la capacité du dispositif à s’inscrire dans le temps et à couvrir l’ensemble du territoire qui déterminera son impact réel sur le pouvoir d’achat des Gabonais.