
Le partenariat de pêche entre le Gabon et l’Union européenne arrive à son terme le 28 juin 2026. Alors que Libreville souhaite redéfinir les conditions d’exploitation de ses ressources halieutiques, les discussions engagées avec Bruxelles peinent à aboutir. En jeu : l’accès des navires européens aux eaux gabonaises et la volonté du pays de tirer davantage profit de ses richesses maritimes.
Une page pourrait bientôt se tourner dans les relations halieutiques entre le Gabon et l’Union européenne. Sauf accord de dernière minute, les navires européens ne seront plus autorisés à exploiter les ressources thonières des eaux gabonaises à partir du 29 juin prochain. Une situation inédite après près de quatre décennies de coopération dans ce domaine.
Le partenariat en vigueur permet actuellement à une trentaine de bateaux européens de pêcher dans la zone économique exclusive du Gabon en échange d’une compensation financière versée au gouvernement gabonais. Ce mécanisme, mis en place à la fin des années 1980, est aujourd’hui remis en question par les autorités de Libreville, qui jugent les retombées économiques insuffisantes au regard de la valeur réelle des ressources exploitées.
L’Union européenne souligne de son côté l’importance stratégique de cet accord pour ses flottes de pêche, tout en rappelant les contributions financières accordées au Gabon. Celles-ci comprennent notamment un paiement destiné à l’accès aux eaux territoriales ainsi qu’un appui au développement du secteur halieutique national. À cela s’ajoutent les redevances versées directement par les armateurs européens.
Pour le gouvernement gabonais, ces montants ne reflètent cependant pas la richesse générée par les captures réalisées dans ses eaux. Les autorités estiment que le modèle actuel favorise davantage l’exportation des ressources que leur transformation locale, limitant ainsi les bénéfices pour l’économie nationale.
Au-delà de la question financière, Libreville souhaite désormais inscrire sa politique maritime dans une logique de valorisation industrielle. L’objectif affiché est de développer une chaîne de transformation sur le territoire national, capable de créer des emplois, de renforcer les capacités locales et d’accroître les revenus tirés de l’économie bleue.
Cette nouvelle orientation s’inscrit dans une stratégie plus large visant à mieux contrôler l’exploitation des ressources naturelles du pays. Le gouvernement entend notamment encourager les investissements dans les infrastructures portuaires, la conservation des produits de la mer et les industries de transformation afin de réduire la dépendance aux exportations de matières premières non transformées.
À quelques jours de l’échéance, les positions des deux parties semblent encore éloignées. Si Bruxelles affirme rester ouverte à un compromis, le Gabon insiste sur la nécessité d’un partenariat rééquilibré, davantage aligné sur ses ambitions économiques et son projet de souveraineté sur les ressources marines.
L’issue des discussions sera déterminante pour l’avenir de la coopération halieutique entre les deux partenaires. En cas d’échec, les navires européens devront quitter les eaux gabonaises, tandis que Libreville devra accélérer la mise en œuvre de son modèle de développement fondé sur une exploitation plus profitable et durable de ses ressources maritimes.