Gabon : suspension de la vente ambulante de certaines boissons populaires pour raisons sanitaires

Les autorités gabonaises ont décidé de suspendre la commercialisation dans les rues et les marchés de plusieurs boissons très consommées, notamment les jus de bissap, de gingembre et les glaces communément appelées « lait caillé ». Cette mesure, prise par l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (Agasa), vise à renforcer la protection des consommateurs face aux risques sanitaires liés à la fabrication et à la conservation de ces produits. Si une partie de la population salue cette décision, de nombreux vendeurs dénoncent son impact immédiat sur leurs revenus.

Une mesure motivée par des préoccupations de santé publique

Au Gabon, les jus artisanaux de bissap et de gingembre, ainsi que les glaces vendues sous l’appellation « lait caillé », ne peuvent plus être commercialisés dans les espaces publics et les marchés. Selon l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire, cette suspension répond à des inquiétudes concernant les conditions de production, d’emballage et de conservation de ces boissons largement consommées par la population.

L’organisme estime que l’absence de contrôle rigoureux sur l’hygiène, la qualité de l’eau utilisée ou encore la quantité de sucre incorporée dans ces produits peut représenter un risque pour la santé des consommateurs. L’objectif affiché est donc de mieux encadrer cette activité et de mettre en place des normes garantissant la sécurité alimentaire.

Une décision accueillie favorablement par une partie des consommateurs

Dans plusieurs quartiers de Libreville, certains habitants approuvent cette mesure. Pour eux, elle était devenue nécessaire face aux pratiques observées dans le secteur informel. Plusieurs consommateurs évoquent notamment la réutilisation de bouteilles récupérées dans la rue ou des conditions de préparation jugées insuffisantes en matière d’hygiène.

Ces citoyens considèrent que l’intervention des autorités contribuera à limiter les risques de contamination et à mieux protéger les enfants, qui figurent parmi les principaux consommateurs de ces boissons vendues à bas prix.

L’inquiétude des vendeurs et des familles dépendantes de cette activité

La décision suscite toutefois de vives préoccupations chez les commerçants concernés. De nombreuses familles tirent une part importante de leurs revenus de la fabrication et de la vente de ces produits. Elles regrettent une mesure appliquée sans période de transition ni dispositif d’accompagnement permettant de s’adapter aux nouvelles exigences.

Pour ces acteurs du secteur informel, la suspension est intervenue de manière soudaine, les laissant sans solution immédiate pour poursuivre leur activité ou compenser les pertes financières engendrées.

Entre protection des consommateurs et enjeux économiques

Très appréciées pour leur accessibilité, ces boissons sont généralement vendues entre 50 et 200 francs CFA, ce qui les rend particulièrement attractives pour les ménages à faibles revenus. La décision des autorités met ainsi en lumière un défi majeur : concilier les impératifs de santé publique avec la préservation des activités génératrices de revenus pour des milliers de petits commerçants.

L’Agasa entend désormais travailler à la structuration et à la normalisation du secteur afin de garantir des produits plus sûrs tout en permettant aux producteurs et vendeurs de poursuivre leurs activités dans un cadre réglementé.

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