
L’ancien ministre centrafricain Jean-Jacques Demafouth fait son retour sur la scène régionale avec une nouvelle fonction au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC). Nommé conseiller diplomatique, il devrait mettre à profit ses réseaux au sein de l’Union africaine et sa proximité avec Bangui pour contribuer aux dossiers sensibles de l’organisation sous-régionale.
Jean-Jacques Demafouth retrouve le Gabon dans un contexte de recomposition diplomatique au sein de la CEEAC. L’ancien ministre centrafricain vient d’intégrer l’organisation sous-régionale en qualité de conseiller diplomatique, une fonction qui devrait le placer au cœur de plusieurs dossiers politiques et institutionnels.
Sa nomination trouve notamment son origine dans une séquence diplomatique amorcée à Addis-Abeba, en marge de la 49e session du Conseil exécutif de l’Union africaine, tenue les 28 et 29 juillet. C’est dans la capitale éthiopienne que les discussions autour de son arrivée au sein de la CEEAC auraient pris forme.
Au cours de cette rencontre, Ezéchiel Nibigira, président de la Commission de la CEEAC, s’est entretenu avec Sylvie Baïpo-Temon, ministre centrafricaine des Affaires étrangères. Les échanges auraient notamment porté sur le profil de Demafouth et sur la possibilité de lui confier un rôle au sein de l’appareil diplomatique de l’organisation.
Le choix de l’ancien ministre centrafricain ne serait pas anodin. Son expérience politique et diplomatique, ainsi que les réseaux qu’il a développés au fil de ses engagements régionaux, constituent des atouts recherchés dans une organisation confrontée à des enjeux diplomatiques de plus en plus complexes.
Son passage par différents cercles politiques et institutionnels lui confère une connaissance des rapports de force en Afrique centrale. À cela s’ajoute sa capacité à évoluer dans les milieux diplomatiques continentaux, notamment à Addis-Abeba, siège de l’Union africaine. Ces connexions pourraient lui permettre de faciliter le dialogue entre la CEEAC et les institutions panafricaines.
Le soutien de Bangui aurait également pesé dans le processus. Pour les autorités centrafricaines, l’arrivée de Demafouth dans une institution régionale offre l’occasion de renforcer la présence et l’influence diplomatique de la Centrafrique au sein des mécanismes de décision de l’Afrique centrale.
Sa mission ne devrait toutefois pas se limiter à la représentation ou aux relations institutionnelles. En tant que conseiller diplomatique, Demafouth pourrait être appelé à accompagner la présidence et la Commission de la CEEAC sur des dossiers nécessitant des négociations, des consultations politiques ou une médiation entre États membres.
Cette nomination intervient par ailleurs dans une période où la CEEAC doit composer avec plusieurs défis : consolidation de l’intégration régionale, coordination des positions des États membres, gestion des crises politiques et sécuritaires et renforcement des relations avec les autres organisations continentales.
Le retour de Jean-Jacques Demafouth au Gabon apparaît ainsi comme davantage qu’une simple nomination administrative. Il s’inscrit dans une logique de mobilisation de profils disposant à la fois d’une expérience politique, d’une connaissance des réseaux diplomatiques africains et d’un accès privilégié à certains décideurs.
Pour la CEEAC, l’enjeu sera désormais de transformer ces réseaux en leviers diplomatiques concrets. Pour Bangui, cette nouvelle position offre un canal supplémentaire pour défendre ses intérêts dans les discussions régionales. Quant à Demafouth, son retour dans les cercles diplomatiques sous-régionaux marque une nouvelle étape dans une trajectoire politique déjà largement tournée vers les questions de paix, de sécurité et de coopération en Afrique centrale.