
Le Gabon accélère le développement de son secteur minier avec le démarrage annoncé de l’exploitation du gisement de fer de Milingui par Havilah Mining Gabon. Après plusieurs années d’exploration, la signature d’une convention minière avec l’État gabonais ouvre officiellement la voie à la phase de production industrielle, attendue dès novembre 2026.
Le secteur minier gabonais franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de diversification économique. Le gouvernement, à travers le ministère des Mines et des Ressources géologiques, a conclu une convention d’exploitation avec la société Havilah Mining Gabon pour le développement du gisement de fer de Milingui.
L’accord, signé par le ministre Sosthène Nguema Nguema, marque le passage du projet à sa phase opérationnelle après près de neuf années de travaux d’exploration et d’études géologiques. Cette convention constitue également l’une des premières initiatives majeures dans la filière fer avant le lancement effectif de la production industrielle.
Selon les estimations réalisées sur le site de Milingui, le potentiel du gisement atteindrait environ 500 millions de tonnes de minerai de fer. Pour le démarrage des activités, l’entreprise prévoit de concentrer l’exploitation sur le minerai à expédition directe, connu sous l’appellation Direct Shipping Ore (DSO). Les réserves exploitables de ce minerai sont évaluées à près de 35 millions de tonnes.
Le choix du DSO permet à l’opérateur d’envisager une mise en production plus rapide, ce type de minerai nécessitant peu de transformation avant exportation. Cette approche devrait offrir une rentabilité plus immédiate tout en réduisant les coûts liés au traitement industriel initial.
Le lancement des opérations est annoncé pour novembre prochain. Les autorités gabonaises voient dans ce projet un levier important pour renforcer la contribution du secteur minier à l’économie nationale, dans un contexte où le pays cherche à réduire sa dépendance aux recettes pétrolières.
Au-delà des perspectives économiques, le projet de Milingui est également présenté comme un moteur de création d’emplois. D’après les responsables d’Havilah Mining Gabon, la première phase d’exploitation pourrait générer environ 530 emplois directs et plus de 1 100 emplois indirects.
Une extension du projet est déjà envisagée à moyen terme. Dans une seconde phase prévue dans les trois prochaines années, les effectifs pourraient atteindre 830 emplois directs et dépasser 2 000 emplois indirects, notamment à travers les activités de sous-traitance, de logistique et de services connexes.
Avec le développement du gisement de Milingui, le Gabon ambitionne de renforcer sa position parmi les producteurs africains de minerai de fer. Ce projet s’inscrit dans une politique plus large de valorisation des ressources naturelles et d’industrialisation progressive du secteur extractif national.