
Depuis le début de l’année 2026, le Gabon fait face à une hausse préoccupante du nombre de décès enregistrés sur l’ensemble du territoire. Selon des données relayées par la plateforme statistique Countrymeters, plusieurs milliers de décès auraient déjà été recensés en seulement quelques mois. Une situation qui alimente les inquiétudes autour de l’état du système de santé, des conditions sociales des populations et de la capacité des pouvoirs publics à répondre efficacement à cette pression démographique grandissante.
Les indicateurs démographiques publiés ces dernières semaines dressent un tableau particulièrement alarmant pour le Gabon. Depuis le 1er janvier 2026, près de 8 500 décès auraient été enregistrés dans le pays, alors que la population nationale est estimée à un peu plus de 2,5 millions d’habitants. Ce niveau de mortalité, observé sur une période relativement courte, suscite de nombreuses interrogations au sein de l’opinion publique.
Dans plusieurs structures hospitalières, des témoignages font état d’établissements de santé confrontés à une forte pression. Entre manque d’équipements, insuffisance du personnel médical et difficultés de prise en charge de certaines pathologies chroniques, les centres hospitaliers peinent à répondre à la demande croissante des patients. Des sources proches du secteur sanitaire évoquent également des difficultés persistantes dans les Centres hospitaliers universitaires (CHU) et régionaux.
Au-delà de la question médicale, cette situation met aussi en lumière des fragilités sociales plus profondes. La précarité économique, l’accès limité aux soins dans certaines localités, les accidents de la circulation encore fréquents ainsi que les conséquences indirectes des précédentes crises sanitaires mondiales sont régulièrement cités parmi les facteurs aggravants.
Ce déséquilibre démographique inquiète d’autant plus que le Gabon connaît déjà une croissance de population relativement faible comparée à d’autres pays de la sous-région. Le rapport entre les naissances et les décès laisse apparaître une tendance préoccupante qui pourrait, à terme, avoir des répercussions sur le développement économique et social du pays.
Face à cette réalité, plusieurs voix issues de la société civile appellent désormais à une réaction rapide des autorités. Des organisations et observateurs réclament notamment une enquête nationale approfondie afin d’identifier avec précision les principales causes de cette mortalité élevée et de proposer des solutions concrètes.
Pour de nombreux citoyens, le silence des pouvoirs publics alimente davantage les inquiétudes. Le gouvernement est ainsi attendu sur des mesures fortes capables de renforcer le système de santé, d’améliorer l’accès aux soins et de restaurer la confiance des populations. Dans un contexte aussi sensible, la transparence et la réactivité des autorités apparaissent comme des éléments essentiels pour éviter que cette crise ne s’aggrave davantage.