Gabon  : pourquoi le clan Bongo écope de lourdes peines ?

Après Sylvia et Noureddin Bongo, leurs proches ont à leur tour été jugés. Au cœur de l’ex-système présidentiel, Ian Ghislain Ngoulou et les frères Oceni Ossa ont été condamnés à quinze ans de prison. Jessye Ella Ekogha écope de dix ans, dont sept avec sursis.

Le verdict est finalement tombé le 18 novembre au matin, au terme de six jours de procès et d’une longue nuit de réflexion pour la cour criminelle spécialisée. Des dix accusés présents au palais de justice de Libreville, neuf ont été condamnés à des peines de prison et à des amendes échelonnées. Tous avaient plaidé non coupable.

Le clan Bongo écope de lourdes peines au Gabon pour détournement de fonds publics, un procès initié suite au coup d’État de 2023 qui a renversé la famille du pouvoir. Sylvia Bongo et son fils Noureddin Bongo ont été condamnés par contumace à 20 ans de prison et d’énormes amendes, notamment pour avoir profité de l’état de santé de l’ancien président Ali Bongo pour gérer le pays à leur avantage. 

Condamnations : Sylvia Bongo et Noureddin Bongo ont été condamnés à 20 ans de réclusion criminelle et à des amendes importantes (100 millions de francs CFA chacun).

Détournement de fonds : Ils sont accusés d’avoir détourné des fonds publics, des montants considérables ont été réclamés à la justice gabonaise (plus de 1,2 milliard de francs CFA pour le préjudice financier et 1 milliard de francs CFA pour le préjudice moral).

Contexte du procès : Le procès a eu lieu après le coup d’État d’août 2023, qui a mis fin à des décennies de règne de la famille Bongo, suite à des années de mauvaise gouvernance et de lassitude de la population.

Absence des prévenus : Ni Sylvia ni Noureddin Bongo, qui ont depuis quitté le Gabon pour Londres, n’ont comparu devant la cour, leurs avocats arguant que les conditions d’un procès équitable n’étaient pas réunies. 

A en croire Gabonreview, les témoignages entendus depuis le début du procès viennent appuyer les accusations du ministère public. Kim Oun, ancien assistant personnel de Sylvia Bongo, a livré un récit saisissant d’un train de vie somptuaire : entre 1,8 et 2,4 milliards de francs CFA dépensés chaque année en robes, bijoux et œuvres d’art, sans compter le financement de cent véhicules pour la campagne présidentielle de 2023, estimée à 80 milliards de francs CFA. Selon lui, «toutes les décisions finales relevaient de Noureddin Bongo», qui supervisait personnellement des transferts d’argent liquide vers Dubaï.

Les témoins, tels Kim Oun (ancien assistant personnel et chargé du protocole de Sylvia Bongo dont il était aussi le gérant principal de plusieurs entreprises, souvent décrit comme son homme à tout faire) et Jordan Camuzet, (ami d’enfance de Noureddin Bongo et intermédiaire financier) ont décrit la mise en place d’un système parallèle de gestion des ressources publiques après 2018. Le premier a rappelé que le Trésor public finançait voyages privés, salaires du personnel et entretien d’avions personnels, ajoutant que ces dépenses représentaient «un lourd fardeau pour le contribuable gabonais».

Quant à Jordan Camuzet, il a parlé d’un Noureddin exerçant «un pouvoir quasi-présidentiel», capable de convoquer des responsables administratifs et de piloter d’importantes transactions foncières, notamment à Nkok, où un terrain de 110 hectares a été évalué à plusieurs dizaines de milliards de francs CFA.

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