Jeux universitaires : le Gabon observe la réforme camerounaise pour repenser son modèle sportif

Le Gabon s’intéresse de près à la nouvelle organisation des Jeux universitaires camerounais. Présente à Ebolowa à l’occasion de la clôture des Finales nationales des Jeux universitaires (Finaju) 2026, une délégation de responsables du sport universitaire gabonais a entrepris de mieux comprendre le dispositif mis en place au Cameroun depuis la réforme de 2024. Une démarche qui pourrait nourrir les réflexions de Libreville sur l’avenir de ses propres compétitions universitaires.

Une délégation gabonaise aux premières loges

La 25e édition des Finales nationales des Jeux universitaires camerounais n’a pas seulement constitué un rendez-vous sportif. Elle a également servi de cadre à des échanges entre acteurs du sport universitaire des deux pays.

À Ebolowa, deux responsables de la structure gabonaise en charge du sport universitaire ont suivi de près le déroulement de la compétition. Leur présence répondait à une volonté précise : comprendre les mécanismes de la nouvelle formule adoptée par le Cameroun et observer concrètement son fonctionnement, depuis les compétitions de qualification jusqu’aux finales nationales.

Cette démarche a été favorablement accueillie par le ministre camerounais de l’Enseignement supérieur, Jacques Fame Ndongo. Celui-ci a salué une initiative illustrant, selon lui, les relations de proximité entre les deux pays, ainsi qu’une volonté de partage d’expériences.

Les discussions ne devaient d’ailleurs pas s’arrêter à la cérémonie de clôture. Une séance de travail entre la délégation gabonaise et la Fédération nationale du sport universitaire (Fenasu) était programmée le lundi 10 août à Ebolowa afin d’approfondir les échanges.

Le Cameroun a changé de formule après Garoua

L’intérêt gabonais se porte principalement sur la réforme engagée par le Cameroun à la suite des Jeux universitaires de Garoua, en 2024.

Le pays a progressivement abandonné le modèle d’une grande compétition nationale reposant sur un seul rendez-vous périodique. Depuis 2025, le calendrier repose désormais sur deux niveaux de compétition.

Les années impaires sont consacrées aux Championnats zonaux universitaires (Chazu), organisés dans quatre zones. Les années paires, les établissements ayant obtenu leur qualification rejoignent les Finales nationales, auxquelles participe également l’établissement universitaire qui accueille la compétition.

Cette nouvelle architecture poursuit plusieurs objectifs : multiplier les occasions de compétition, favoriser une participation plus régulière des établissements et offrir davantage de visibilité au sport universitaire tout au long du cycle.

Une réforme déjà suivie d’effets

Les premiers résultats donnent une idée de l’adhésion suscitée par le nouveau système.

Lors de la première édition des Chazu, organisée en 2025, 30 des 37 institutions membres de la Fenasu avaient pris part aux compétitions. À l’issue de cette phase, 24 établissements ont obtenu leur qualification pour les finales nationales organisées à Ebolowa.

La compétition a réuni une diversité d’acteurs du paysage universitaire camerounais : 11 universités d’État, 10 instituts privés d’enseignement supérieur et trois établissements publics à statut particulier.

Les chiffres témoignent également de l’ampleur de l’événement. Selon les données officielles, 1 823 athlètes et membres de fan-clubs ont participé aux différentes activités sportives, avec l’appui de 354 personnels techniques, administratifs et médicaux. L’encadrement des épreuves a mobilisé 136 officiels techniques.

Pour les observateurs gabonais, ces données offrent donc un terrain d’analyse particulièrement concret. Elles permettent notamment d’évaluer les capacités logistiques, la gestion des qualifications, l’organisation territoriale des compétitions et la mobilisation des établissements.

Le Gabon à la recherche d’un modèle adapté

L’intérêt de Libreville ne signifie pas nécessairement une volonté de reproduire à l’identique le système camerounais. L’enjeu semble plutôt être de tirer des enseignements d’une expérience voisine pour alimenter la réflexion sur l’organisation du sport universitaire gabonais.

Le principe d’une compétition structurée en plusieurs étapes pourrait notamment permettre de renforcer la régularité des rendez-vous sportifs universitaires, d’élargir la participation des établissements et de mieux détecter les jeunes talents.

Pour un pays comme le Gabon, où le sport universitaire peut constituer un important vivier pour les disciplines de haut niveau, une organisation plus régulière pourrait également contribuer à créer une passerelle plus solide entre les campus, les fédérations sportives et les compétitions nationales.

L’expérience camerounaise présente, à ce titre, l’avantage d’être récente et déjà mise à l’épreuve sur le terrain. Le passage des Chazu aux finales nationales offre aux responsables gabonais la possibilité d’identifier aussi bien les avancées que les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre de la réforme.

Siantou s’impose à Ebolowa

Sur le plan strictement sportif, la 25e édition des Finaju a consacré l’Institut universitaire Siantou. L’établissement a terminé en tête du classement avec 35 médailles, dont 18 en or.

L’Université de Yaoundé I prend la deuxième place avec 31 médailles, dont 17 en or, tandis que l’Institut universitaire du Golfe de Guinée complète le podium avec 32 médailles, dont 14 en or.

L’Université d’Ebolowa, qui accueillait cette édition, a pour sa part décroché 25 médailles, dont huit en or.

Au-delà du palmarès, cette édition aura donc été marquée par une autre dimension : l’intérêt manifesté par le Gabon pour l’expérience camerounaise.

Vers une coopération renforcée dans le sport universitaire

La présence des responsables gabonais à Ebolowa illustre plus largement la possibilité d’une coopération accrue entre les deux pays dans le domaine du sport universitaire.

Le partage d’expertise pourrait porter sur l’organisation des compétitions, la formation des encadreurs, l’arbitrage, la détection des talents, la gestion des infrastructures ou encore la mobilisation des établissements privés et publics.

Pour le Cameroun, cette démarche constitue une reconnaissance de la réforme mise en œuvre depuis 2024. Pour le Gabon, elle représente surtout une occasion de disposer d’un retour d’expérience concret avant d’éventuellement faire évoluer son propre système.

La prochaine étape des Finaju est déjà connue : l’Université de Bertoua accueillera la 26e édition en 2028. D’ici là, les enseignements tirés d’Ebolowa pourraient bien dépasser les frontières camerounaises et contribuer à faire évoluer le sport universitaire dans l’ensemble de la sous-région.

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