
La République du Mali a annoncé, ce jour, le retrait de sa reconnaissance de la prétendue « République arabe sahraouie démocratique » (“Rasd”), à l’issue d’un réexamen approfondi de ce dossier, considéré par Bamako comme un enjeu ayant un impact direct sur la paix et la sécurité sous-régionales.
Après quarante-six années de reconnaissance, le Mali a officiellement décidé de rompre ses relations avec l’autoproclamée «République arabe sahraouie démocratique» (RASD). Un revers significatif pour le Polisario, qui célébrait depuis le 8 avril, sur le territoire algérien, le cinquantième anniversaire de cette entité.
Annoncée ce vendredi par Bamako, cette décision illustre une nouvelle fois la pertinence de la stratégie adoptée par Rabat à l’égard des pays africains ayant, durant la guerre froide, reconnu la «RASD». Le Maroc privilégie une approche progressive, fondée sur le renforcement des relations politiques, économiques, culturelles et militaires, sans chercher à contraindre ces États à retirer immédiatement leur reconnaissance de la «RASD».
Avec le Mali, cette politique de rapprochement remonte à 2013, à l’occasion de la première visite du roi Mohammed VI, venu assister à l’investiture du président Ibrahim Boubacar Keïta. Ce déplacement, marqué par un discours fort, a posé les bases d’un partenariat durable.
Le Maroc récolte les fruits de sa politique
Entre 2013 et jusqu’au coup d’État d’août 2020, Rabat, bien que marginalisée par la France et l’Algérie dans les négociations de paix ayant abouti aux accords d’Alger de mai 2015, a maintenu une posture mesurée, honorant ses engagements avec Bamako.
Toutefois, à en croire yabiladi, le royaume chérifien a su faire passer des messages subtils aux autorités civiles, notamment lorsque le souverain avait annulé une visite au Mali pour inaugurer une clinique entièrement financée par le Maroc. L’inauguration de la «Clinique périnatale Mohammed VI» avait finalement été assurée par le secrétaire particulier du roi et le PDG du groupe OCP.
Le gouvernement malien réaffirme également son appui aux efforts menés sous l’égide des Nations unies, à l’action de l’Envoyé personnel du Secrétaire général, ainsi qu’aux résolutions du Conseil de sécurité, notamment la résolution 2797 (2025), adoptée le 31 octobre 2025.
Abdoulaye Diop a par ailleurs indiqué que cette décision sera portée à la connaissance des organisations régionales et internationales dont le Mali est membre, ainsi que du corps diplomatique accrédité à Bamako.