
Présent à Brazzaville dans le cadre des 61es Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD), le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a appelé la communauté internationale et les partenaires financiers à investir davantage dans le Bassin du Congo. Pour le chef de l’État, cette région stratégique pour l’équilibre climatique mondial doit désormais bénéficier d’un soutien économique à la hauteur de son importance écologique.
Le Bassin du Congo était au cœur des échanges lors des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement organisées à Brazzaville. À cette occasion, le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a pris part à une table ronde consacrée au financement du Plan d’investissement du Fonds bleu pour le Bassin du Congo, un mécanisme destiné à soutenir des projets liés à la préservation de l’environnement et au développement durable.
Face aux bailleurs de fonds et aux partenaires internationaux, le chef de l’État gabonais a insisté sur l’urgence de mobiliser davantage de ressources pour cette région considérée comme l’un des principaux poumons écologiques de la planète. Selon lui, le débat ne porte plus aujourd’hui sur la réalité du changement climatique, mais sur la capacité des grandes puissances et des institutions financières à investir concrètement pour protéger les écosystèmes africains.
Brice Clotaire Oligui Nguema a rappelé que le Bassin du Congo représente le deuxième plus vaste massif forestier tropical au monde après l’Amazonie. Véritable réserve de biodiversité, cette zone joue également un rôle majeur dans la régulation du climat mondial et dans la préservation des ressources en eau, en énergie et en alimentation pour des millions de populations africaines.
Le président gabonais a dénoncé ce qu’il considère comme un déséquilibre historique dans la gestion des enjeux environnementaux. Il a estimé que les pays africains ont longtemps assumé seuls les coûts liés à la conservation des forêts et des écosystèmes, sans bénéficier d’un retour économique équitable malgré les services rendus à l’ensemble de la planète.
Pour lui, le Fonds bleu ne doit pas se limiter à un simple mécanisme de compensation écologique. Il doit devenir un véritable levier de transformation économique capable de financer des infrastructures vertes, des projets de résilience climatique et des initiatives créatrices d’emplois pour les populations locales.
Le Gabon entend d’ailleurs intégrer pleinement cette ambition dans son futur Plan national de croissance et de développement 2026-2030. Dans cette perspective, plusieurs projets prioritaires ont déjà été soumis au Fonds bleu. Ils concernent notamment la lutte contre les conflits entre les populations et la faune sauvage, la restauration des mangroves, la valorisation durable des ressources forestières ainsi que la gestion responsable des terres et des ressources hydriques.
Brice Clotaire Oligui Nguema a également appelé les investisseurs africains à orienter davantage de capitaux vers les secteurs liés à l’économie verte et à l’économie bleue. Selon lui, le Bassin du Congo ne doit plus être perçu uniquement comme une zone de conservation, mais comme un espace stratégique pour la stabilité climatique mondiale et le développement économique du continent.
En clôturant son intervention, le président gabonais a insisté sur la nécessité de passer rapidement des discours aux actions concrètes. Pour lui, les engagements pris lors des grandes rencontres internationales n’auront de valeur que s’ils se traduisent par des financements réels et des projets visibles sur le terrain.
Les 61es Assemblées annuelles de la BAD se tiennent cette année sous le thème de la mobilisation des ressources pour financer le développement de l’Afrique dans un contexte mondial marqué par les crises économiques et géopolitiques.