
Longtemps marqué par des retards et un faible niveau d’exécution, le projet routier Ndendé-Doussala connaît une avancée décisive. Après plusieurs mois d’inquiétudes, les travaux de bitumage ont officiellement démarré sur cet axe stratégique de 48 kilomètres, appelé à renforcer les échanges entre le Gabon et le Congo et à consolider l’intégration régionale.
Le projet de réhabilitation de la route Ndendé-Doussala semble désormais engagé sur une dynamique plus rassurante. Quelques semaines après les critiques suscitées par le faible taux d’avancement du chantier — évalué à seulement 27 % lors d’une mission de contrôle menée en mars avec la Banque africaine de développement (BAD) — les autorités gabonaises constatent une nette accélération des travaux.
Le 21 mai dernier, une délégation du ministère des Travaux publics et de la Construction, conduite par le secrétaire général Sylvain Patrick Enkoro, s’est rendue sur le site afin d’évaluer l’évolution des opérations. Sur place, plusieurs progrès ont été relevés, notamment dans les travaux de terrassement, la pose de grave bitume ainsi que la réalisation des ouvrages hydrauliques. Sur les 34 dalots prévus, 20 sont déjà achevés, tandis que les travaux liés aux ponts avancent également.
L’entreprise Syno-Hydro, en charge du principal lot du projet, a surtout franchi une étape très attendue : le lancement effectif du bitumage de cette route longue de 48 kilomètres. Une avancée symbolique pour cet axe considéré comme essentiel dans la connexion routière entre le Gabon et le Congo.
Au-delà de son importance nationale, cette infrastructure s’inscrit dans un projet continental plus vaste. Le corridor Ndendé-Doussala fait partie du réseau de la Transafricaine, destiné à relier l’Algérie à l’Afrique du Sud à travers plusieurs pays du continent. Pour Libreville, cette route représente un outil majeur de désenclavement, de développement économique et de renforcement des échanges sous-régionaux.
Lors du lancement officiel des travaux en 2024, le président Brice Clotaire Oligui Nguema avait présenté cette infrastructure comme un symbole de modernisation du réseau routier gabonais. Les autorités espèrent qu’elle favorisera la circulation des biens et des personnes tout en stimulant des secteurs stratégiques comme l’agriculture, l’exploitation forestière et la logistique.
Le projet comporte également une importante dimension sociale. Financé en partie par la Banque africaine de développement, il est réparti en deux composantes. La première, confiée à l’entreprise gabonaise Unik BTP, prévoit plusieurs aménagements communautaires le long du tracé : construction d’une garderie et d’un centre multifonctionnel, installation d’éclairages publics solaires, réhabilitation d’écoles et de dispensaires, réalisation de forages d’eau ainsi que la fourniture d’équipements destinés à la transformation des produits agricoles.
La seconde composante, attribuée à Syno-Hydro, concerne la construction de la route bitumée ainsi que l’édification d’un pont frontalier à Ngongo. À terme, cet investissement devrait renforcer l’attractivité économique du sud du Gabon et améliorer la connexion du pays avec les grands corridors commerciaux d’Afrique centrale.