
Le cimentier marocain Ciments de l’Afrique (CIMAF) envisage un important programme d’investissement au Gabon avant 2027. Objectif : augmenter ses capacités de production à Owendo, anticiper l’interdiction des importations de clinker décidée par les autorités gabonaises et positionner le pays comme future plateforme régionale d’exportation du ciment en Afrique centrale.
Le groupe marocain Ciments de l’Afrique (CIMAF), dirigé par l’homme d’affaires Anas Sefrioui, s’apprête à franchir une nouvelle étape dans son développement au Gabon. Selon plusieurs informations concordantes, l’entreprise prévoit d’injecter près de 25 milliards de FCFA dans l’extension de son complexe industriel situé à Owendo.
Ce programme devrait notamment permettre la mise en place d’une troisième ligne de production ainsi qu’une hausse significative des capacités de transformation du clinker. Une décision stratégique qui intervient dans un contexte marqué par la volonté des autorités gabonaises de réduire progressivement la dépendance du pays aux importations industrielles.
En effet, le gouvernement a fixé à janvier 2027 l’arrêt total des importations de clinker. Cette orientation économique, portée depuis la transition politique amorcée après le changement de régime de 2023, pousse les industriels présents sur le territoire à renforcer leur production locale et à intégrer davantage leur chaîne de valeur.
Pour CIMAF, cette montée en puissance industrielle représente aussi un moyen de mieux maîtriser les coûts logistiques, souvent exposés aux fluctuations du marché international, tout en consolidant sa compétitivité sur le marché sous-régional.
À terme, les capacités de production de l’usine pourraient atteindre 1,85 million de tonnes par an, soit largement au-dessus des besoins actuels du marché gabonais estimés à environ 900 000 tonnes. Ce surplus traduit clairement l’ambition du groupe : faire du Gabon une base d’exportation vers les pays d’Afrique centrale, où la demande en matériaux de construction reste soutenue par la croissance urbaine et les besoins en infrastructures.
Cette réorientation stratégique intervient alors que le groupe réduit ses activités industrielles en Europe, notamment en France, où le contexte économique est devenu plus contraignant en raison des coûts énergétiques élevés et du durcissement des réglementations. À l’inverse, les marchés africains apparaissent désormais comme des relais de croissance offrant de meilleures perspectives de rentabilité sur le long terme.