
Dépendant de l’or noir depuis des décennies, le Gabon amorce un virage stratégique. À l’horizon 2028, le pays ambitionne de devenir exportateur de gaz naturel liquéfié, misant sur un projet industriel d’envergure piloté par Perenco pour diversifier ses revenus et valoriser une ressource longtemps négligée.
Le Gabon s’engage dans une transformation majeure de son secteur énergétique. Longtemps centré sur l’exploitation pétrolière, le pays entend désormais tirer parti de ses réserves de gaz naturel, jusque-là sous-exploitées. Ce changement de cap se concrétise par le développement d’un projet de gaz naturel liquéfié (GNL), dont les premières exportations sont attendues dès 2028.
Au cœur de cette mutation se trouve le terminal du Cap Lopez, situé à proximité de Port-Gentil. Historiquement dédié à l’exportation de pétrole brut, ce site fait actuellement l’objet d’importants travaux d’extension pour accueillir des infrastructures de traitement, de liquéfaction et de stockage du gaz. L’objectif est clair : transformer cette plateforme en un véritable hub gazier capable de répondre aux exigences du marché international.
Le projet est porté par le groupe Perenco, acteur majeur du secteur énergétique au Gabon. L’investissement annoncé, estimé à 2 milliards de dollars, témoigne de l’ampleur de l’ambition. Outre la construction de l’usine de liquéfaction, le chantier inclut la mise en place d’un réseau de pipelines d’environ 500 kilomètres, destiné à collecter le gaz issu des différents sites de production dans le sud du pays.
Sur le plan commercial, la stratégie se veut compétitive. Le gaz liquéfié gabonais sera proposé sur les marchés internationaux les plus dynamiques, avec une logique de mise en concurrence des acheteurs afin d’optimiser les revenus, tant pour l’opérateur que pour l’État gabonais. Cette approche s’inscrit dans une volonté plus large de maximiser la valeur ajoutée des ressources naturelles nationales.
Ce projet marque également une évolution importante sur le plan environnemental. Pendant des décennies, le gaz associé à l’exploitation pétrolière a été majoritairement brûlé à la torche, une pratique coûteuse et polluante. En développant des infrastructures de valorisation, le Gabon cherche à réduire ce gaspillage énergétique tout en limitant son impact environnemental.
Avec cette initiative, le pays espère non seulement diversifier son économie, mais aussi renforcer sa position sur la scène énergétique mondiale. Le pari est ambitieux : faire du gaz un nouveau pilier de croissance, capable de prendre le relais d’un pétrole dont les perspectives à long terme restent incertaines.