Souveraineté alimentaire : le Gabon accélère sa révolution avicole avec un investissement privé de 775 milliards FCFA

Déterminé à réduire sa dépendance aux importations de produits alimentaires, le Gabon engage une transformation majeure de sa filière avicole. Présenté devant les députés par le ministre de l’Agriculture, Pacôme Kossy, le Plan d’urgence de la filière avicole (PUFA) mobilise 775 milliards de FCFA d’investissements privés et vise une production nationale de poulets capable de satisfaire les besoins du marché intérieur tout en créant des milliers d’emplois.

Le gouvernement gabonais entend faire de l’aviculture l’un des piliers de sa stratégie de souveraineté alimentaire. Intervenant devant l’Assemblée nationale lors d’une séance de questions orales, le ministre de l’Agriculture, Pacôme Kossy, a détaillé les contours du Plan d’urgence de la filière avicole (PUFA), conçu pour renforcer durablement la production nationale de volaille.

À travers ce programme, les autorités ambitionnent de porter la production de poulets de chair à 100 000 tonnes dès l’horizon 2027-2028, avec une capacité projetée pouvant atteindre 130 000 tonnes à plus long terme. Pour soutenir cette dynamique, cinq accords de partenariat ont déjà été conclus avec des investisseurs étrangers, notamment en provenance de Chine, de Turquie et du Cameroun.

Le financement du projet repose essentiellement sur le secteur privé, qui injectera près de 775 milliards de FCFA dans le développement de la filière. Au-delà de l’objectif de production, le programme est présenté comme un puissant levier de création d’emplois, avec près de 100 000 postes attendus sur l’ensemble du territoire.

Le PUFA prévoit la mise en place d’un vaste réseau de 150 fermes avicoles réparties dans les neuf provinces du pays. Les investissements concerneront également les infrastructures indispensables au développement de la chaîne de valeur, notamment la construction de couvoirs régionaux, d’abattoirs provinciaux ainsi que le développement de bassins de production de maïs et de soja destinés à l’alimentation animale.

Pour accompagner cette ambition, le Gabon compte s’appuyer sur un potentiel foncier estimé à plus de 300 000 hectares de terres agricoles disponibles pour les activités de production.

Les éleveurs locaux bénéficieront également de mesures d’accompagnement destinées à faciliter leur insertion dans cette nouvelle dynamique. Un dispositif de financement à taux préférentiel de 4 % est désormais accessible via la Banque pour le Commerce et l’Entrepreneuriat du Gabon (BCEG), tandis que des actions de formation sont engagées pour renforcer les compétences nationales.

Dans cette perspective, une trentaine de jeunes Gabonais suivent actuellement une formation spécialisée au Sénégal. À leur retour, ils devraient contribuer au déploiement des nouvelles techniques de production et à la modernisation de la filière.

À travers ce plan d’urgence, le Gabon affiche clairement sa volonté de bâtir une industrie avicole compétitive, capable de réduire les importations, de stimuler l’emploi et de renforcer la sécurité alimentaire du pays.

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